JEAN-GILLES BADAIRE

Jean-Gilles Badaire est né en 1951. Son travail est régulièrement montré depuis 1987, dans des expositions personnelles dont récemment : Collègiale Saint-Pierre Le Puellier, Orléans ; Galerie Annick Collin, Le Mans ; Médiathèque Louis-Joseph, Château-Arnoux ; La Fabrique du Pont d'Aleyrac, Saint-Pierreville ; Galerie La Métisse d'Argile, Saint-Hippolyte ; Médiathèque de Port de Bouc, et Château de Tours.
Également peintre de livres, il a illustré de nombreux écrivains ou poètes, de Jacques Abeille à Joël Vernet, en passant par Lokenath Bhattacharya, Marc Blanchet, Lionel Bourg, Roger Caillois, Blaise Cendrars, René Daumal, Cédric Demangeot, Dominique Grandmont, Marcel Griaule, Daniel Leuwers, Thierry Metz, Yves Peyré, Éric Pistouley, Salah Stétié, Giuseppe Ungaretti...
Ses livres personnels sont : Faire des études pour être mendiant (Cadex, 01), Monotypes ( Pure Édition, 02), La surface des morts (Fata Morgana, 04).

 

 


Je crois que Jean-Gilles Badaire parle dans ses toiles. Qu'il nous raconte le secret d'une création. En mettant en scène l'enfance et ses craintes, la vie et ses douleurs. Dans l'espace d'une noirceur qui ne veut pas être le fruit du néant. Que de mort en crime, de sexe en abîme, il nous attire vers la vie. Et que vivre, c'est encore et toujours voir. Comme l'alchimiste, même ignorant, se doit de le faire, le peintre sauve notre regard de la cécité en ressuscitant un art de la déflagration.
« Monde sauvage, paysan, traversé de visages opaques, de fièvres, d’écoulements. Monde où les nuits s’accouplent, en inceste et carnage. Puis, soudain, un visage d’écrivain, des linges comme des tuniques de saintes. Des bols pour la soif. Des demeures pour le repos. Des toits. Des voûtes. Aussi vrai que l’architecture des hommes doit désormais tout au passé puisque le naturel des maisons a vu son règne renversé par le factice et des transparences trompeuses, une mélancolie nous envahit — traversant les pages d’un carnet ou s’insinuant dans la toile.

Mélange de sacré et de profane. Vertus d’Isis qui laissa place à la Vierge dans les cryptes, mais n’abandonne pas sa nature de terre noire friable que le peintre retrouve dans l’érection du pinceau. Monde où mâle et femelle s’affrontent et se pénètrent. Où le visage accepte ses métamorphoses. Comme ses masques. Ces apparitions sont magiques : elles s’établissent sur la perspective secrète des couleurs, un équilibre mystérieux où la forme révèle un usage nouveau du monde, où le combat des lignes invite à une cérémonie hors de toute rationalité, de toute parole.»

« Le peintre Badaire est éconduit par ses propres formes. Chassé du repos par des métamorphoses qui ne l'apaisent jamais, puisqu'elles mêmes, comme extérieures à cette tâche, ne connaissent pas d'arrêt, veulent s'engendrer les unes les autres, obéir avec une humilité que n'égale que la grandeur d'une quête, à d'autres mutations, d'autres visages.»

Marc Blanchet
     
 
Si vous souhaitez visiter le studio de l'artiste situé dans la région de Chambord (41), n'hésitez pas à prendre contact avec Luc Bonhomme.
luc.bonhomme@artconcepts.fr / 06 87 81 30 95

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